Climb Up veut prendre appui sur le redressement judiciaire pour rebondir
Le groupe lyonnais Climb Up, devenu l’un des principaux acteurs français de l’escalade en salle, traverse une zone de turbulences. Sa société de tête, Climb Up Investissements, ainsi que quatre sociétés exploitant cinq salles situées à Cergy, Aubervilliers, Caen, Orléans et Mulhouse-Wittenheim, ont été placées en redressement judiciaire.
Cette procédure ne concerne toutefois ni les salles lyonnaises de Gerland et de Confluence, ni les salles M’Roc de Part-Dieu, Villeurbanne et Laënnec. Plus largement, l’activité se poursuit normalement dans les 33 salles du réseau : les établissements restent ouverts, les cours sont assurés et les abonnements continuent d’être valables.
Un marché arrivé à maturité
La situation de Climb Up s’inscrit dans un contexte sectoriel plus difficile. Après une période de croissance rapide, le nombre de salles d’escalade en France serait passé d’une centaine avant la crise sanitaire à près de 300 aujourd’hui. L’augmentation de l’offre n’a pas été accompagnée par une progression équivalente du nombre de pratiquants.
La concurrence s’est donc renforcée, tandis que les exploitants supportent des charges fixes importantes : loyers, énergie, assurances, climatisation et entretien d’équipements implantés sur de grandes surfaces. Certaines salles enregistreraient une baisse de fréquentation pouvant atteindre 20 %.
Climb Up évoque également les conséquences successives de la pandémie, de l’inflation, de la hausse des coûts énergétiques et du ralentissement de la consommation observé depuis 2025. Le début de l’été 2026, marqué notamment par de fortes chaleurs et une nouvelle diminution de la fréquentation, aurait accentué les tensions de trésorerie.
La salle d’Aubervilliers, présentée comme la plus grande salle commerciale d’escalade en intérieur de France avec environ 6 000 m², cristallise une partie des difficultés. Elle souffre depuis deux ans d’une baisse importante de fréquentation, aggravée par les conséquences des mouvements sociaux intervenus en 2025.
Une procédure destinée à préserver l’activité
La direction souligne que le recours au redressement judiciaire a été sollicité par le groupe lui-même. L’ouverture d’une période d’observation de six mois doit permettre de geler le passif antérieur, de préserver la trésorerie et de renégocier certains engagements, notamment les loyers et les contrats générant les coûts fixes les plus élevés.
Le nouveau directeur général, Jean-Luc Croset, nommé à la fin du mois de juin 2026, s’est vu confier une mission claire : pérenniser le groupe et relancer son développement commercial. Fort d’expériences précédentes dans des entreprises en restructuration, il affirme ne poursuivre aucun objectif de fermeture de salles. La CGT, tout en restant vigilante, considère pour l’instant la procédure comme une décision nécessaire à la sauvegarde de l’activité et des emplois.
Plusieurs leviers sont envisagés : reconquête des grimpeurs, amélioration de l’expérience client, renouvellement plus fréquent des parcours, développement des offres familiales, restauration, événements et séminaires d’entreprise.
Surtout, Climb Up conserve une activité opérationnelle positive. Malgré un chiffre d’affaires en recul de 6 à 7 %, le groupe devrait dépasser 30 millions d’euros de chiffre d’affaires hors taxes et dégager environ 800 000 euros d’EBITDA sur l’exercice 2026, sous réserve de l’arrêté définitif des comptes. L’EBITDA mesure la rentabilité de l’activité courante avant la prise en compte des intérêts d’emprunt, des impôts et des amortissements. Cet indicateur positif signifie donc que l’exploitation du groupe demeure globalement rentable, malgré les difficultés rencontrées par certaines salles.
La situation demeure sérieuse, mais le redressement judiciaire offre au groupe un cadre protecteur pour restructurer ses charges et préparer un plan de continuation. Climb Up doit désormais réussir une nouvelle ascension : moins rapide, mais plus solide et durable.
Historique
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